Comment s'abritent les animaux?
Sommaire de: Comment s'abritent les animaux?
- Pourquoi les animaux s'abritent-ils ?
- La protection par l'environnement et le camouflage
- Certains animaux ont le corps naturellement protégé
- Certains animaux bâtissent leur abri
- Pour couver les oeufs, des animaux bâtissent un nid
- Certains animaux creusent leur abri
- Des animaux logés par les hommes
- Pour protéger pour des animaux sauvages en liberté
Pourquoi les animaux s'abritent-ils ? (retour sommaire)
Dans de nombreux contes pour les petits enfants, les animaux agissent comme des humains. Les trois petits cochons bâtissent chacun une maison que le grand méchant loup tente de démolir pour les dévorer. Dans la famille des trois ours, le papa, la maman, le bébé ont chacun un bol, une chaise et un lit à leur taille. Nous savons bien que tout cela est imaginaire et que les bêtes ne vivent pas comme nous.
Mais, sans posséder une maison qui ressemblerait aux nôtres, les animaux s'abritent-ils et pourquoi ?
o Pour se protéger des prédateurs ?
o Pour protéger les petits jusqu'à ce qu'ils soient autonomes (capables de se débrouiller seuls) ?
o Pour se garantir contre le froid et les intempéries ?
o Pour vivre en société ?
Les réponses sont multiples.
Pour se protéger des prédateurs:
Tout animal peut être la proie d'un prédateur d'une autre espèce qui, pour se nourrir, cherche à le dévorer. Pour se reposer avec plus de sécurité, il faut pouvoir se cacher et, si possible, éviter de se faire surprendre.
Pour protéger les petits jusqu'à ce qu'ils soient autonomes (capables de se débrouiller seuls):
Les jeunes animaux de nombreuses espèces ne pourraient survivre s'ils étaient abandonnés à eux-mêmes dès la naissance. C'est surtout vrai chez les mammifères et les oiseaux qui gardent leurs petits auprès d'eux pour les protéger et les nourrir.
Pour se garantir contre le froid et les intempéries:
Alors que les animaux migrateurs (comme les hirondelles ou les cigognes) vont passer l'hiver dans des régions plus chaudes, beaucoup d'autres restent toujours dans la même région et doivent s'abriter de différentes façons pendant la mauvaise saison. Certains se cachent pour dormir pendant des mois, on dit qu'ils restent en hibernation.
Pour vivre en société:
Certains animaux seraient incapables de vivre seuls et de se défendre contre leurs prédateurs. Alors, ils construisent ou creusent une habitation commune où vivent, chez certains insectes, des centaines et même des milliers d'individus.
La protection par l'environnement et le camouflage (retour sommaire)
Passer inaperçu au milieu de la nature:
Beaucoup d'animaux n'ont pas d'autre abri que les plantes au milieu desquelles ils vivent.
Dans nos forêts, cerfs et biches se réfugient sous les feuillages.
Dans la savane africaine, les mammifères sont protégés par les plantes qui les entourent.
De nombreux poissons se contentent de nager parmi les algues ou les herbes aquatiques. Les grands nageurs, comme le thon, n'ont pas besoin de s'abriter.
Le camouflage du corps renforce la protection:
Les animaux sont mieux protégés si la couleur et les dessins de leur peau empêchent de bien les distinguer de la nature qui les entoure. Beaucoup d'entre eux ont la peau ou la fourrure tachetée ou rayée, se confondant de loin avec les reflets de la lumière dans les feuillages.
C'est surtout important pour les petits. Le faon possède des taches qu'il perdra en grandissant et deviendra comme ses parents, la biche et le cerf. De même pour le petit marcassin, d'abord rayé en attendant de devenir sanglier.
La peau du caméléon a la caractéristique de varier de couleur.
Le camouflage est aussi important pour les animaux pouvant devenir une proie, que pour des prédateurs qui peuvent ainsi se rapprocher de leurs proies sans être repérés.
Les animaux des neiges, comme l'ours polaire, bénéficie de leur fourrure blanche qui désavantagerait l'ours de nos régions.
Le camouflage du corps dans l'eau:
La plupart des poissons et des amphibiens (comme la grenouille) ont la partie supérieure du corps de couleur foncée, difficile à distinguer du fond pour un prédateur passant au-dessus. Au contraire, leur ventre est clair et se confond avec la lumière de la surface pour un prédateur arrivant par dessous. De nombreux poissons plats, comme la sole, peuvent modifier la couleur des taches de leur face supérieure selon le fond sur lequel ils sont posés.
Certains crustacés, comme le crabe à longues pattes, appelé araignée de mer, sont recouverts de petits végétaux poussant sur leur carapace. D'autres se camouflent sous des débris végétaux ou minéraux qu'ils trouvent dans leur environnement.
L'étui protecteur de la larve de phrygane:
La larve de phrygane vit dans les eaux courantes. Elle sécrète une sorte de colle sur laquelle se fixent des brindilles, de petits cailloux ou de minuscules coquilles, formant ainsi un étui qui, en même temps, la camoufle et la protège.
Le mimétisme étonnant de certains animaux:
On le rencontre surtout chez les insectes, dont certaines espèces ressemblent à s'y méprendre à une brindille, comme le phasme, une feuille, une tige épineuse leur permettant d'échapper au regard de leurs prédateurs. Parfois, la ressemblance de la tête d'une chenille ou des ailes d'un papillon avec un animal dangereux, dissuade les attaquants. En revanche, certains animaux immangeables ou même vénéneux peuvent, sans danger, montrer des couleurs très vives qui semblent prévenir les prédateurs de ne pas les manger. C'est le cas du poisson-clown, qui s'abrite sans danger parmi les anémones de mer.
Les animaux ne décident pas le camoublage de leur peau ou leur mimétisme:
Les animaux n'ont pas la possibilité de transformer leur apparence. Elle se transmet à la naissance, comme la couleur de notre peau ou de nos yeux. Simplement, dans la nature, les mieux camouflés survivent davantage et sont capables de transmettre à leurs petits les caractéristiques qui leur ont sauvé la vie.
Par exemple, dans certains pays industriels où les troncs d'arbres étaient noircis par les fumées, on observait, posés sur les écorces, de nombreux papillons aux ailes foncées. Quand la région avait perdu son industrie et que les fumées avaient disparu, les écorces d'arbres redevenaient plus claires et on observait un grand nombre de papillons clairs. Avaient-ils transformé la couleur de leurs ailes? Pas du tout, d'ailleurs la vie d'un papillon est trop courte pour un tel changement. En réalité, à cause de la couleur devenue plus claire des troncs d'arbres, seuls avaient échappé aux prédateurs les papillons aux ailes plus claires. Ce qui était auparavant un avantage pour les papillons foncés était devenu un handicap et ils se faisaient plus facilement repérer et dévorer sans laisser de descendants. On appela ce phénomène la sélection naturelle.
L'utilisation par les hommes du camouflage:
Très tôt, dès la préhistoire, les chasseurs se sont rendu compte qu'avec les peaux de bêtes dont ils couvraient leur corps, ils pouvaient s'approcher plus facilement de leurs proies. Plus tard, après avoir abandonné les fourrures, ils évitaient de mettre des vêtements trop voyants pour aller à la chasse.
En revanche, dans les combats guerriers, ils ont longtemps préféré les tenues de couleur vive pour impressionner leurs ennemis. Avec le développement des armes à feu à longue portée, cela devenait un risque. C'est ainsi qu'au début de la guerre de 1914, les soldats français, partant à l'attaque en pantalon rouge, étaient des cibles idéales pour les tireurs ennemis. On remplaça alors ce pantalon par une tenue bleue horizon, puis d'un vert kaki. C'est pendant la 2e guerre mondiale que les soldats de commandos furent équipés de tenues portant des taches différentes pour être moins repérables.
A l'inverse, il existe des situations où l'homme doit être très visible, notamment des véhicules qui arrivent, quand il s'agit de faire une réparation sur la route. Pour cela, on a créé des gilets jaunes, visibles même la nuit.
Certains animaux ont le corps naturellement protégé (retour sommaire)
Les coraux et les éponges:
Les coraux, minuscules animaux au corps mou, vivent en colonies de milliers d'individus. Ils sécrètent ensemble une protection calcaire qui les réunit et les protège. Au long des siècles, cela a formé de grandes masses calcaires, appelées récifs coraliens.
Chez les éponges, la sécrétion de minuscules animaux peut être, selon les espèces, calcaire ou fibreuse. Ce sont les éponges fibreuses que les hommes utilisent parfois pour faire leur toilette, après les avoir débarrassées de toute trace des minuscules animaux qui y vivaient.
La coquille des mollusques:
La plupart des mollusques (comme la moule, l'huitre, l'escargot) sécrètent, avec certains organes de leur corps, une coquille calcaire qui les fait souvent appeler coquillages. La coquille s'agrandit progressivement avec la croissance du corps. On distingue bien les cernes de croissance sur la coquille.
Il existe cependant des mollusques sans coquille, comme la limace ou la pieuvre. Chez la seiche, la coquille moins solide est devenue interne, c'est "l'os de seiche" que l'on retrouve parfois sur les plages après la mort de l'animal.
La double coquille des bivalves:
De nombreux mollusques (comme la moule, l'huître, la coque, la palourde) possèdent une coquille double, pouvant s'entrouvrir et se refermer. On les appelle les mollusques bivalves.
La coquille unique des gastéropodes:
Beaucoup d'autres, pourtant, n'ont qu'une seule coquille, simple comme la patelle (en forme de chapeau chinois) ou enroulée en spirale comme chez l'escargot ou le bigorneau. On les appelle gastéropodes parce qu'ils semblent se déplacer sur le ventre. Pour se protéger, ils peuvent se retirer au fond de leur coquille.
L'utilisation par les hommes de la forme des coquilles:
On a constaté qu'avec une faible épaisseur de matière, les mollusques fabriquaient une coquille solide. Ce qui a donné l'idée de remplacer les fines surfaces plates de béton par des surfaces courbes plus solides. Bien longtemps auparavant, c'est probablement la forme interne des coquilles de gastéropode qui a donné l'idée des escaliers en spirale, appelés longtemps « en colimaçon ».
La carapace des crustacés:
Les crustacés (comme la crevette, l'écrevisse, le crabe) ont toutes les parties du corps (pattes, pinces, antennes, thorax, abdomen) protégées par une carapace articulée.
Comme la carapace ne peut pas s'agrandir progressivement, comme la coquille, le crustacé doit au cours de sa croissance l'abandonner plusieurs fois : c'est la mue. Pendant la période dangereuse où l'animal a fait craquer sa vieille carapace et se trouve nu, mou et sans défense, il gonfle alors son corps d'eau pour atteindre d'un seul coup sa nouvelle taille et, quelques heures plus tard, sa carapace neuve a durci.
Le bernard-l'ermite, un crustacé qui habite dans la coquille vide d'un mollusque:
Le bernard-l'ermite, que les scientifiques appellent pagure, est un petit crustacé dont la tête et les pinces sont cuirassées, mais dont l'abdomen reste mou. Pour se protéger, cet animal recherche une coquille vide de gastéropode, puis il s'y introduit à reculons en ne laissant dépasser que l'avant du corps. La pince qui émerge de la coquille est beaucoup plus développée que l'autre, coincée contre l'axe de la spirale.
Certains insectes possèdent une carapace:
Tous les insectes possèdent une enveloppe externe plus ou moins dure et épaisse. Les coléoptères, comme le hanneton ou la coccinelle, possède une sorte de carapace : leurs ailes sont protégées au repos par des élytres rigides.
Les insectes doivent, comme les crustacés, grandir par mues successives, en perdant l'enveloppe précédente.
Chez les plus évolués, comme les papillons, les abeilles, seules les larves peuvent grandir en muant. Les adultes garderont définitivement la même taille.
La protection des insectes pendant leur métamorphose:
La plupart des insectes naissent sous la forme d'une larve, parfois très différente de la forme adulte, et leur corps devra se transformer profondément au cours d'une métamorphose. Par exemple, les chenilles se métamorphosent en papillons ; les asticots deviennent des mouches.
Pour certaines espèces, une période plus ou moins mlongue d'immobilité est nécessaire à la métamorphose. La larve a sécrété autour de son corps une enveloppe qui la protégera, principalement du dessèchement. Cette protection s'appelle pupe pour les mouches ou chrysalide pour les papillons.
Certaines chenilles s'emmaillottent dans le fil de soie qu'elles sécrètent avec des glandes spéciales, les filières, et tissent un cocon qui les protégera pendant leur métamorphose.
Le nid soyeux des chenilles processionnaires:
Dans certaines forêts de pins ou de chênes, on aperçoit parfois d'étranges défilés de chenilles, marchant à la queue leu leu pour aller dévorer les les feuilles ou les aiguilles d'arbres dont elles se nourrissent. A cause dela, on les appelle chenilles processionnaires.Puis, en suivant en sens inverse le fil de soie qu'elles avaient dévidé, elles retrouvent toutes leur nid collectif, fait d'une boule soyeuse.
D'autres insectes vivent toujours en collectivité (guêpes, abeilles, fourmis, termites), mais les processionnaires ne vivent ensemble que pendant leur vie de chenilles. Devenues papillons, quelque temps plus tard, elles se disperseront en abandonnant le nid.
Des reptiles bien protégés:
Les tortues sont des vertébrés (animaux à squelette) qui possèdent en plus une carapace cornée, ne laissant dépasser que la tête, les pattes, la queue ainsi que les organes reproducteurs. En cas de danger, beaucoup de tortues peuvent rentrer presque entièrement dans leur carapace.
Sans posséder une carapace aussi rigide, le crocodile est protégé par de solides écailles, renforcées par des plaques osseuses.
Des mammifères cuirassés ou hérissés de piquants:
Les pangolins ont le corps recouvert de grosses écailles dures qui les font ressembler à des pommes de pin. Ils grimpent aux arbres et se nourrissent d'insectes.
Les tatous sont protégés par une cuirasse articulée, formée de trois, six ou neuf bandes, selon les espèces. Vivant sur le continent américain, ils creusent la terre pour y trouver des vers et des insectes.
Les hérissons et les porcs-épics possèdent des piquants qu'ils peuvent hérisser aussitôt qu'ils se sentent menacés.
Coquilles et carapaces ne sont pas forcément l'abri idéal:
On pourrait penser que le meilleur abri d'un animal est la protection externe de son corps. Pourtant, même les animaux au corps protégé sont victimes de prédateurs qui les attaquent pour les manger.
Par exemple, les coraux sont broutés par certains poissons à mâchoire cornée. Les coquilles ne résistent pas au bec de certains oiseaux, comme l'huitrier-pie, ni aux bras des étoiles de mer qui les ouvrent de force.
De nombreux mollusques et crustacés s'enfouissent dans le sable ou s'abritent dans des creux de rochers. Mais certains oiseaux de mer possèdent un bec assez long pour les déloger et les dévorer. Il est curieux de constater que, chaque espèce de mollusque s'enfouissant à une profondeur constante dans le sable ou la vase, les oiseaux, selon la longueur de leur bec, se nourrissent de proies différentes et cohabitent sur la même plage sans se concurrencer.
La chance de survie d'une espèce animale ne dépend pas de sa protection interne:
Parmi les plus anciennes espèces apparues sur la Terre, certaines ont disparu malgré leur coquille ou leur carapace, alors que d'autres, au corps beaucoup moins bien protégé, ont continué de se développer.
Par exemple, de nombreux animaux marins cuirassés n'ont été retrouvés que sous forme de fossiles, car ils ont disparu depuis des millions d'années. Alors que le calmar, mollusque sans coquille, proche de la seiche et de la pieuvre, a survécu sans se modifier depuis cette lointaine époque.
Certains animaux bâtissent leur abri (retour sommaire)
Le castor, constructeur de huttes et de barrages:
Le castor, répandu en Amérique du Nord, vit également encore au bord de certaines de nos rivières, mais a disparu de beaucoup d'autres. Par exemple, une petite rivière de la région parisenne s'appelle la Bièvre, nom que l'on donnait autrefois au castor qui y vivait.
Si la rivière s'y prête, un couple de castors peut créer un étang artificiel en construisant des digues de troncs d'arbres et de branches entrelacées, alourdies de pierres et rendues étanches avec un mortier d'argile et de feuilles mortes.
Quand le niveau d'eau est devenu constant, ils bâtissent, sur la berge ou sur un îlot, une hutte de branchages, de 5 m de diamètre et de 1,50 m de hauteur. Recouverte de boue, elle ressemble à un monticule sans ouverture. Deux galeries permettent d'y accéder sous l'eau. La seconde, plus large, permet de remonter des morceaux de bois qui serviront de nourriture et dont une ample provision trempe dans l'étang artificiel des castors.
Quand une telle construction n'est pas possible, les castors se contentent de creuser un terrier dans la berge, comme leurs cousins, les rats musqués.
Le nid de papier des guêpes et des frelons:
Chez les guêpes et les frelons, au printemps, chaque femelle, à l'abdomen plein d'oeufs, recherche un creux dans le sol ou dans un arbre pour y fonder un nid. En mâchant du bois, elle le transforme en papier avec lequel elle construit quelques alvéoles pour déposer les oeufs qu'elle pond. Les premières guêpes qui naissent (quinze jours plus tard) l'aident ensuite à agrandir progressivement le nid et à chasser des chenilles et des mouches qui seront réduites en bouillie pour la nourriture des nouvelles larves.
Il existe aussi des guêpes maçonnes qui bâtissent des nids de terre, généralement plus petits que les nids de papier.
Comme les nids de guêpes ou de frelons pourraient être dangereux, quand ils sont construits près de nos maisons et même parfois à l'intérieur, on peut demander aux pompiers de venir les détruire.
Un immeuble aux cloisons de cire : la ruche des abeilles
Les abeilles construisent parfois leur nid dans la nature, par exemple dans le creux d'un arbre. Dans les ruches fabriquées par les hommes, elles s'organisent de la même façon et vivent en collectivités nombreuses.
Le personnage principal de la ruche est la reine, seule femelle pondeuse de la collectivité. Son rôle n'est pas de commander mais de pondre.
Toute l'activité des ouvrières est de s'occuper des oeufs qu'elles placent dans des alvéoles de cire, puis de nourrir les larves. Cela nécessite des nourrices, mais aussi des cirières bâtisseuses d'alvéoles, des ventileuses battant des ailes pour faire baisser la température intérieure, des gardiennes à l'entrée et, bien entendu, des butineuses qui vont chercher au loin les provisions nécessaires à la ruche : le pollen et le nectar des fleurs qui sera transformé en miel.
Utilisation par les hommes de la structure des alvéoles:
On a découvert que la forme des alvéoles de ruche (des hexagones soudés entre eux) donnait le maximum de solidité avec le minimum de cire. Les hommes ont adopté cette structure "en nid d'abeille", avec d’autres matériaux, pour réaliser des pièces solides et légères, par exemple pour l'aviation et l'astronautique.
Une ville souterraine : la fourmilière
Dans les forêts de résineux (pins, mélèzes...), on aperçoit parfois un dôme fait de brindilles et d'aiguilles d'arbres. Il s'agit d'une fourmilière abritant entre 100 000 et 500 000 fourmis rousses.
Les fourmilières d'autres espèces sont entièrement souterraines, signalées seulement par des entrées de galeries où s'activent de nombreuses ouvrières.
Comme chez les abeilles, l'important est de protéger et de nourrir les jeunes. La reproduction est assurée par quelques femelles, appelées reines, qui après leur accouplement avec un mâle ont perdu les ailes qu'elles possédaient. Elles passeront désormais sous terre le reste de leur vie (cinq à dix ans, selon les espèces) à pondre des milliers d'oeufs.
Autour des reines, s'affairent les ouvrières qui transportent les oeufs dans des chambres pour les conserver à température constante, nourrissent les larves en leur régurgitant (recrachant) la nourriture qu'elles avaient elles-mêmes avalée, déchirent le cocon des larves lorsqu'elles deviennent adultes.
D'autres ouvrières contrôlent les entrées et refoulent tout ce qui est étranger (elles reconnaissent à l'odeur les fourmis de leur fourmilière). Celles que nous remarquons au dehors vont au ravitaillement et ramènent des graines, des insectes, possèdent même des troupeaux de pucerons qui leur fournissent le jus sucré des plantes qu'ils ont sucées.
Le nid cousu des fourmis tisserandes:
Certaines fourmis, appelées tisserandes, fabriquent même des nids de feuilles curieusement cousus. Pendant que certaines ouvrières rapprochent les bords des feuilles à réunir, d'autres approchent des cocons dont elles dévident les fils de soie pour réaliser les coutures.
Bâtisseurs et cultivateurs : les termites
Dans la savane africaine, se dressent souvent de solides monticules argileux de plusieurs mètres de hauteur, véritables gratte-ciel pour les petits insectes qui les ont construits : les termites.
Les termitières peuvent atteindre six mètres de haut et vingt-cinq à trente mètres de diamètre à la base. Il s'agit des cheminées d'aération par lesquelles s'échappe l'air chaud du nid. Sous la tour, une caverne de quelques mètres de diamètre abrite les galeries.
Une termitière peut regrouper, en plus du couple de reproducteurs, appelés le roi et la reine, 500.000 ouvriers et 350. 000 soldats chargés de la défense de la termitière.
De plus, 150.000 jeunes mâles et femelles ailés assureront, après leur départ du nid, la formation d'autres couples reproducteurs et donc d'autres termitières, mais le plus grand nombre d'entre eux seront, dès leur sortie, victimes de prédateurs.
En plus de leurs capacités de bâtisseurs, les termites possèdent des qualités d'agriculteurs. En effet, ces insectes cultivent souvent, en sous-sol, des champignons leur permettant de mieux digérer leur alimentation, composée essentiellement de bois.
Des termites sans termitière:
En France, les termites ne bâtissent pas de termitière mais peuvent s'attaquer au bois des maisons (charpente, planchers, escaliers, etc.), provoquant ainsi, notamment dans les régions du Sud, des dégâts d'abord invisibles, car ces insectes fuient la lumière, puis se révélant particulièrement redoutables.
Pour couver les oeufs, des animaux bâtissent un nid (retour sommaire)
Pour donner naissance à un oisillon, un œuf doit être couvé, c'est-à-dire maintenu à une température tiède, pendant une durée qui varie selon les espèces (entre douze et cinquante jours). C'est pour abriter leurs œufs et les couver, en les couvrant de leur plumage, que les oiseaux bâtissent un nid.
Un nid très simple pour les oiseaux nidifuges
Aussitôt sortis de leur coquille, les oisillons de certaines espèces (poules, perdrix, autruches, etc.) sont capables de marcher et de chercher leur nourriture. Les petits canards savent même nager dès la naissance.
Ces oisillons sortent aussitôt du nid (on dit qu'ils sont nidifuges) et n'y reviennent que pour se blottir au chaud sous leur mère, la nuit.
Les nids des espèces nidifuges sont généralement très simples, parfois un simple creux du sol, garni de paille ou d'herbe sèche. L'alouette, la caille se contentent d'un tel nid.
Un nid solide et perché pour les oiseaux nidicoles
Chez de nombreuses autres espèces, les oisillons naissent nus et incapables de se déplacer et de se nourrir. Ils doivent rester au nid (on dit qu'ils sont nidicoles) pour être nourris par leurs parents jusqu'à ce qu'ils soient devenus assez forts et couverts de plumes leur permettant de voler.
Les nids des espèces nidicoles sont plus solides, souvent perchés dans les arbres, afin de mieux les protéger des attaques des prédateurs.
Comment les oiseaux apprennent-ils à faire un nid?
Ils n'apprennent pas. Ils n'étaient pas nés quand leurs parents ont fabriqué celui où ils ont vécu leur vie d'oisillons. La façon de faire un nid, toujours semblable pour la même espèce d'oiseau, est inscrite en eux comme leur chant et la couleur de leur plumage. On dit que c'est inné, c'est-à-dire non appris.
Il en est de même pour tous les animaux qui savent d'instinct, sans avoir appris, comment s'abriter, se nourrir, se reproduire, élever les petits.
Chaque espèce d'oiseau bâtit un nid différent
o Le nid de branchages, haut perché, du corbeau, de la pie ou de la cigogne.
o Le nid de la rousserole, tressé autour de tiges de roseaux, au-dessus du niveau du marais.
o Le nid du martin-pêcheur, creusé dans la berge d'une rivière et garni d'arêtes de poissons.
o Le nid du pic creusé dans un tronc d'arbre.
o Le nid flottant, radeau de roseaux, de certains oiseaux des marais : grèbe, foulque et parfois poule d'eau.
o Le nid maçonné de l'hirondelle.
De nombreux petits oiseaux tissent leur nid
o La mésange tisse son nid avec des crins d'animaux et des brins d'herbe sèche.
o La fauvette couturière coud même des feuilles avec des fils végétaux tenus dans son bec, pour y installer son nid.
Des nids assemblés
o En Afrique, les tisserins tissent des nids suspendus sous les branches des arbres.
o Les tisserins républicains construisent leur nid côte à côte, sous un même toit, formant de véritables petits immeubles pour oiseaux.
Des oiseaux décorateurs:
Certains oiseaux d'Australie et des îles d'Océanie ont de curieuses coutumes pour séduire la femelle avant l'accouplement.
L'oiseau jardinier ou oiseau à berceau est appelé ainsi parce que le mâle construit, pendant plusieurs mois, deux rangées de branchettes piquées dans le sol pour former une galerie, ornée de baies (petits fruits sauvages) et de cailloux colorés.
Quand une femelle, attirée par cette construction décorative, pénètre dans la galerie, le mâle lui offre un cadeau (fruit, coquille ou caillou), puis vient s'accoupler avec elle. Ensuite, c'est ensemble qu'ils bâtissent un nid ordinaire pour recevoir la nichée.
L'oiseau satin et le prince régent peignent même leurs galeries avec un pinceau d'écorce et une peinture faite de salive, de jus de baies bleues et de charbon de bois.
Les rapaces ont parfois plusieurs nids:
L'aigle occupe un large territoire sur lequel il a repéré les lieux plats et inaccessibles qu'il habite tour à tour à des périodes différentes. Ces nids, à peine garnis de brindilles, sont appelés aires.
Le coucou pirate le nid des autres oiseaux:
Le coucou ne bâtit pas de nid. La femelle pond chacun de ses oeufs dans le nid d'une autre espèce d'oiseau.
Ayant guetté l'absence des propriétaires d'un nid, elle retire un des oeufs de la couvée et en pond un à la place. Puis elle s'envole pour ne plus y revenir.
Les occupants du nid ne s'aperçoivent de rien. C'est le bébé coucou qui éclôt généralement le premier. Comme il ne supporte pas le contact des autres oeufs ou oisillons, ils les repousse par dessus bord et reste souvent le seul survivant de la nichée.
Sans s'en rendre compte, les deux oiseaux adultes deviennent ses parents adoptifs. Ils ne remarquent rien d'autre que le bec largement ouvert de l'oisillon insatiable et se relaient pour lui ramener des insectes et des vers dont il fait une énorme consommation jusqu'à ce qu'il puisse prendre son envol définitif hors du nid.
Devenue adulte, la femelle coucou ira pondre dans un nid de la même espèce que celui où elle est née.
Certains poissons construisent un nid:
La plupart des poissons pondent au gré des eaux des dizaines de milliers d'oeufs dont seule une petite partie atteindra l'âge adulte sans avoir été victime des prédateurs. Pourtant, certaines espèces protègent leurs oeufs en les pondant dans un creux de rocher ou une cavité du sol.
L'épinoche mâle, minuscule poisson de rivière, construit un véritable nid de soie et d'herbes où il invite tour à tour plusieurs femelles à venir y pondre. Puis il féconde tous les oeufs et les protège jusqu'à la naissance des jeunes.
Un autre poisson, appelé combattant, fabrique un nid flottant, fait de bulles d'air emprisonnées dans de la salive visqueuse.
Quelques nids de reptiles:
La femelle du crocodile creuse un nid dans le sol pour y pondre ses œufs. Elle surveille l'éclosion et protège les jeunes jusqu'à ce qu'ils puissent débrouiller seuls.
La femelle du python creuse également un nid et couve ses œufs en enroulant son corps au-dessus d'eux.
Certains rongeurs bâtissent aussi des nids:
Bien qu'ils soient des mammifères et ne pondent pas d'oeufs, certains rongeurs préfèrent vivre dans un nid.
o L' écureuil bâtit son nid en boule en hauteur, dans un arbre.
o Le lérot aménage parfois un nid d'oiseau.
Les toiles d'araignées ne sont pas des abris, mais des pièges de chasse:
Nous voyons souvent des toiles que les araignées ont tissées avec la soie de leurs glandes, appelées filières. Quand l'araignée se tient au milieu ou à l'extérieur, cette toile n'est pas son abri mais le filet de chasse avec lequel elle piègera tout insecte qui viendra se prendre dedans. N'éanmoins, c'est dans une toile fine que naissent les petites araignées.
Certains animaux creusent leur abri (retour sommaire)
De minuscules terriers d'insectes:
Le grillon excite souvent notre curiosité. Nous l'entendons sans le voir, car c'est de son terrier qu'il envoie son chant : "Cri-Cri". Si l'on a repéré l'entrée, il suffit de gratter doucement au fond avec une herbe. Prudent mais curieux, le grillon ne tarde pas à sortir la tête.
Le terrier à couvercle de l'araignée à trappe:
Cette grosse araignée se cache dans un terrier pour guetter ses proies. Pour n'être pas repérée, elle referme sur elle un couvercle qui reste légèrement entrouvert. Dès qu'une proie passe à proximité, l'araignée bondit, la saisit et l'emmène dans le terrier pour la sucer.
Le scorpion mâle creuse un terrier dans lequel il emmène doucement une femelle pour s'accoupler et abriter les œufs.
Un terrier pour se protéger de la chaleur ou du froid:
Dans les déserts, les petits rongeurs vivent tout le jour enfouis dans leur terrier pour se protéger de la chaleur excessive de l'extérieur. Ils ne sortent que la nuit.
Sous nos climats, c'est plutôt l'inverse : le terrier protège surtout de la fraîcheur du dehors.
Un refuge pour dormir tout l'hiver:
Certains animaux passent la saison froide à dormir profondément (on appelle cela l'hibernation). Ils recherchent donc un refuge pour l'hiver.
o L'ours brun, s'il ne trouve pas de cavité naturelle, s'enfouit entre les racines d'un gros arbre.
o Les marmottes, qui possèdent également des terriers d'été en altitude, descendent en automne dans les prairies plus basses, creusent une vaste chambre, garnie de foin, où elles se serrent à 12 ou 15 pour passer ensemble l'hiver, au chaud, dans un sommeil profond.
o La chauve-souris se suspend la tête en bas dans une caverne ou un grenier. Comme pour la marmotte, sa température interne s'abaisse jusqu'à celle de l'air ambiant. Mais s'il fait trop froid, elle se réveille pour éviter de geler.
o Sans hiberner, les campagnols des neiges passent l'hiver dans des galeries peu profondes que la neige isole du froid extérieur.
Le réseau souterrain de la taupe:
La taupe passe sa vie sous terre, elle est pratiquement aveugle (ses yeux minuscules distinguent tout juste le jour de la nuit). Ses pattes de devant sont de véritables pelles qui lui permettent de creuser des galeries.
Son terrier comporte une grande chambre entourée de deux couloirs en anneaux et surmontée d'un donjon. De la chambre partent des galeries de chasse où la taupe recherche des vers de terre et des insectes, tout en bouleversant et en rongeant les racines qui gênent son passage. Le terrier est aéré par de fines galeries communiquant avec l'extérieur. La terre retirée des nombreuses galeries est rejetée sous forme de buttes, appelées taupinières.
La pouponnière des lapins de garenne:
Les lapins de garenne vivent en société dans des terriers à plusieurs sorties. Pour fuir l'agitation du groupe, la femelle qui va avoir des petits creuse à l'écart une galerie simple, la rabouillère. Elle y met au monde 4 ou 5 lapereaux qu'elle revient allaiter chaque nuit, pendant trois semaines. Quand elle quitte la rabouillère pour se nourrir, elle rebouche l'issue pour mettre les petits à l'abri des prédateurs (putois, belettes, fouines).
Le logis bien propre du blaireau:
Vivant en groupe, les blaireaux creusent un terrier à plusieurs issues, avec des chambres qu'ils garnissent d'herbe sèche et de paille. Dans la plus grande, la femelle met au monde 3 à 5 petits qu'elle allaitera un mois. Le terrier est maintenu très propre par le rejet à l'extérieur de la litière salie.
Le blaireau accepte le voisinage du renard qui pourtant n'a pas les mêmes habitudes.
Le terrier répugnant du renard:
Le renard s'approprie parfois, en le modifiant, le terrier d'un autre animal. Mais lui se trouve à l'abri d'un occupant indésirable, car personne ne lui vole son logis : il sent trop mauvais.
En effet, à la grande chambre familiale, à la salle de jeux des renardeaux et au vestibule permettant d'observer l'extérieur, s'ajoute une fosse servant de garde-manger où le gibier conservé est rarement de première fraîcheur. De nombreuses galeries permettent de sortir.
Un grenier souterrain pour les réserves d'hiver:
Comme le hamster ne trouvera plus, l'hiver, les grains qui constituent sa nourriture, il en fait des provisions dans son terrier.
Le mulot entasse également des graines et des tubercules dans son terrier. Il se réfugie parfois dans les greniers ou les écuries et puise dans les provisions des humains. C'est plus facile mais aussi plus risqué!
Beaucoup de galeries souterraines sont des chemins plutôt que des habitations:
De nombreux animaux creusent des galeries dans la terre ou dans le bois des arbres. Ils vivent sous le sol ou au cœur du bois, mais on ne peut pas parler d'abri ou d'habitation. Les galeries que nous voyons ne sont que la trace de leur passage.
Ainsi, le lombric ou ver de terre se nourrit de terre et rejette à la surface, sous forme de tortillons, celle qu'il a digérée.
Des insectes, comme le scolyte, se nourrissent au cœur du bois et laissent un tunnel vide partout où ils sont passés.
Sans avoir véritablement un abri, certains animaux se reposent dans des endroits favoris:
Cerfs et chevreuils se reposent souvent dans un même taillis. Les chasseurs appellent cet endroit la remise parce que les bêtes s'y remettent de leur fatigue.
Le sanglier choisit sa bauge sous un buisson, à proximité d'une souille boueuse où il pourra se vautrer.
Le lièvre a son gîte dans un fourré que les braconniers reconnaissent par les coulées, chemins qu'emprunte toujours l'animal pour s'y rendre.
On appelle liteau le lieu où se repose le loup dans la journée.
Des animaux logés par les hommes (retour sommaire)
Les animaux domestiques:
Au cours des siècles, l'homme a choisi cetains animaux pour lui fournir leur lait, leur chair, leur cuir, leurs oeufs, ou pour lui apporter de l'aide pour le travail. Il les a capturés, puis apprivoisés.
Le premier animal domestiqué par l'homme fut le chien, il y a 12 000 ans environ. Puis dans l'ordre : le mouton, la chèvre, le porc, la vache, il y a 9 000 ans. L'éléphant d'Asie, le chameau, le cheval, l'âne, il y a plus de 5 000 ans. Plus tard la poule, l'oie, le chat et enfin le lapin.
Progressivement, en sélectionnant les animaux qui possédaient au maximum les qualités qui lui étaient utiles (vaches donnant plus de lait, boeufs aux muscles plus lourds, chevaux plus rapides, poules meilleures pondeuses), l'homme a profondément transformé ces espèces animales. Il suffit de comparer un sanglier avec un porc qui est le lointain descendant des sangliers capturés puis domestiqués par les hommes de la Préhistoire.
Ces animaux sont devenus dépendants des hommes:
Les animaux vivant à l'état sauvage dans la nature supportent les rigueurs du temps ou savent s'abriter pour y résister.
Les animaux domestiques, en même temps qu'ils devenaient de plus en plus utiles à l'homme, sont devenus de moins en moins capables de subsister et de se protéger seuls.
C'est pourquoi il a fallu construire de quoi les loger et les nourrir à proximité des habitations des hommes.
Le nom des abris construits par les hommes pour les animaux d'élevage:
Aquarium : récipient, généralement vitré, où l'on élève des poissons. S'il est plus grand, on dit vivier ou bassin de pisciculture
Bergerie : abri des moutons ou des chèvres, on dit aussi bercail
Cabane (à lapins), on dit aussi clapier
Cage : endroit fermé pour les oiseaux. Si elle est grande, on l'appelle volière
Chenil : endroit fermé où l'on élève des chiens; on appelle niche la cabane destinée à un seul chien
Colombier ou pigeonnier : abri pour les pigeons
Ecurie : abri des chevaux; ils sont souvent séparés par des stalles; le cheval de course est souvent seul dans un box
Etable : abri pour les vaches et les bœufs; on dit aussi vacherie ou bouverie
Porcherie : abri des porcs
Poulailler : abri pour les volailles, on dit aussi basse-cour
Des entassements qui posent problème : les élevages en batterie:
A force de considérer l'animal, non comme un être vivant autonome, mais comme une machine à produire de la viande, du lait, des oeufs, on en est arrivé souvent à regrouper, dans le plus petit espace possible, le maximum de bêtes qui reçoivent leur nourriture sans se déplacer et même sans pouvoir bouger.
Certains amis des animaux s'indignent des traitements infligés à ces bêtes. N'est-il pas suffisant de les faire mourir pour notre alimentation? Faut-il aussi les priver de toute qualité de vie?
De nombreuses personnes critiquent la médiocre qualité des poulets ou des bovins élevés artificiellement, sans parler des produits ou des hormones qui leur sont parfois donnés, malgré les interdictions légales, pour les faire grossir plus vite.
Le plus grave danger est l'effet sur l'environnement de ces élevages concentrés. Les déchets, le fumier d'une petite ferme, à la condition de prendre quelques précautions, étaient sans danger. Au contraire, l'accumulation du lisier (urines et excréments) des grandes porcheries peut polluer les nappes d'eau souterraine et provoquer des risques très sérieux d'intoxication de la population.
Pour montrer des animaux lointains:
Pendant très longtemps, les hommes vivaient près de la nature. Même les habitants des villes voyaient fréquemment des animaux en liberté, y compris les renards et les loups qui rôdaient autour des lieux habités.
Puis se développa un intérêt pour des animaux d'autres continents, jusqu'alors inconnus. Au début du XIXe siècle, les Parisiens se pressaient autour de la fosse aux ours du Jardin des Plantes ou pour admirer une girafe offerte au roi Charles X.
Le désir de mieux faire connaître le monde animal et d'amuser le public provoqua, dans les grandes villes, la création de jardins zoologiques où l'on montrait, dans des cages, des bêtes de pays lointains.
De la prison à l'illusion de la nature:
Au début, les cages étaient de taille assez réduite.
Plus tard, on tenta de donner l'illusion de la vie de l'animal dans la nature, en lui accordant un peu plus d'espace et en remplaçant les grilles par un espace infranchissable. Au parc zoologique de Vincennes, créé en 1930, on a fabriqué des rochers et de fausses banquises qui donnent l'illusion du milieu d'origine des animaux.
Il faut d'ailleurs se rappeler que, maintenant, la plupart des pensionnaires des zoos y sont nés et n'ont jamais connu d'autre milieu. Ils seraient parfois incapables de vivre dans le pays de leurs ancêtres. Mais c'est une façon de conserver vivantes et d'observer des espèces devenues rares. Il arrive qu'on réintroduise dans leur milieu d'origine certains animaux en voie de disparition.
Dans certains parcs animaliers, on a aménagé de grands enclos dans lesquels on circule en voiture. Le public peut ainsi sans danger approcher de grands fauves en ayant l'illusion de se trouver en Afrique.
Pour protéger les animaux sauvages en liberté (retour sommaire)
Les réserves et les parcs naturels:
Pour observer véritablement les animaux, il faut éviter de les mettre en captivité, car ils changent alors généralement de comportement.
A la fois pour protéger les espèces en danger et pour permettre au public de les observer, on a délimité de grandes zones préservées, ce sont les réserves et les parcs naturels où l'accès du public est accepté, mais strictement réglementé.
Les plus anciens parcs naturels furent créés à la fin du XIXe siècle sur de grands espaces en Amérique du Nord, comme celui de Yellowstone en 1872. Plus récemment en Afrique centrale, comme au Kenya.
En France, ont été développés à partir de 1960 des parcs nationaux, sous la responsabilité de l'Etat, et des parcs naturels régionaux, créés sur initiative locale.
Pour aider des oiseaux à se protéger, on peut fabriquer des nichoirs:
Comme le monde moderne réduit sans cesse les possibilités de vie naturelle des animaux non domestiques, il faut souvent les aider. Ainsi pour conserver dans les villes un grand nombre de petits oiseaux, on leur construit des nichoirs, correspondant à leurs besoin et à leurs habitudes, où ils pourront s'abriter du froid. Il s'agit de petites boîtes percées d'un trou de 32 à 34mm de diamètre pour les mésanges charbonnières; légèrement plus petits (de 27 à 28mm de diamètre) pour les autres espéces de mésanges.
L'important, c'est de fixer le nichoir hors de portée des chats et autres prédateurs, en l'attachant en hauteur avec un fil de fer et des cales de bois le séparant de l'arbre support.
Des abris pour chauves-souris:
Les chauves-souris, animaux insectivores, inoffensifs pour l'homme, trouvent de moins en moins d'abris naturels où elles puissent se réfugier. Alors, on leur a installé des nichoirs, constitués de briques ou de parpaings alvéolés, bouchés à une extrémité et cimentés sous un pont, de façon peu visible pour éviter les visites de curieux.
Pour élever et observer certains petits animaux, on peut aménager des vivariums et des aquariums:
Il est passionnant de voir de près vivre, grandir, se métamorphoser de petits animaux dans un espace clos appelé vivarium garni de terre et de plantes ou aquarium s'il est rempli d'eau. Mais il faut respecter leurs besoins et ne pas hésiter à les remettre ensuite en liberté dans leur milieu d'origine.
Un vivarium pour élever chenilles et papillons:
Prenez un grand aquarium, garnissez le fond d'une fiche couche de gravier. Placez-y deux bocaux ouverts. L'un contiendra les feuilles dont se nourrissent les chenilles choisies. L'autre, empli de sable, contiendra des brindilles sèches sur lesquelles se fixeront les chrysalides. Réalisez un couvercle de grillage fin fermant bien le vivarium.
Recherchez des chenilles en prélevant en même temps le feuillage dont elles se nourrissaient. Renouveler la nourriture avec les mêmes plantes.
Observez comment les chenilles fabriquent leur cocon.
Quand les papillons sortiront de leur chrysalide (ce qui peut demander un temps plus ou moins long, selon l'espèce), recherchez leur nom dans des livres.
Il est possible de placer directement dans le vivarium des chrysalides, si l'on en trouve. Dans ce cas, inutile de leur mettre du feuillage, elles ne se nourissent pas pendant la métamorphose.
Pour observer une collectivité de fourmis:
Pour cela, il faut un socle de bois (de 40cm x 6cm), deux plaques de verre (de 30cm x 30cm), deux tasseaux de bois (de 1,5cm de côté et 30cm de long). Il serait judicieux de percer un petit trou dans l'un des deux tasseaux pour introduire de la nourriture, sans ouvrir le couvercle.
Réunissez les plaques de verre et les tasseaux, maintenus par de forts élastiques. Coller sur le fond. Fabriquer un couvercle avec un tasseau identique de 27cm de long, fixé sur une plaque de bois de 4cm x 30cm.
Quand la cage est prête, remplissez-là aux deux tiers de fine terre humide.
Recherchez une fourmilière et, en l'arrosant progressivement, recueillez des ouvrières emportant des cocons de nymphes et une reine.
Comme les fourmis n'aiment pas la lumière dans leur fourmilière, recouvrez les faces vitrées de papier noir que vous soulèverez seulement pour observer ce qui se passe.
Savez-vous que, même dans les villes, vivent à l'état sauvage beaucoup d'animaux ?
Autrefois de nombreux animaux non domestiques vivaient en liberté au coeur et aux abords des grandes villes.
Maintenant que les immeubles se sont multipliés, croiriez-vous qu'il existe d'autres animaux que les chiens errants, les chats, les rats, les souris, les insectes? Et pas seulement les moineaux et les pigeons qui sont presque des animaux domestiques.
Les services spécialisés de la Ville de Paris ont observé et recensé plus de 45 espèces d'oiseaux et 5 espèces de mammifères non domestiqués.
Même dans votre quartier, vous pouvez, avec de la patience et une paire de jumelles, faire le même type d'inventaire autour du lieu où vous habitez. Vous serez peut-être surpris.
Récapitulation (retour sommaire)
Moyens de protection naturelle du corps de certains animaux (retour sommaire)
Carapace : enveloppe solide, articulée ou non, recouvrant le corps des crustacés et de certains vertébrés, comme les tortues.
Chrysalide : chenille en cours de métamorphose en papillon, à l'abri d'une protection rigide.
Cocon : enveloppe formée par un fil de soie qui entoure la chrysalide de certains papillons, comme le bombyx du mûrier dont la chenille est appelée ver à soie.
Coquille : enveloppe calcaire, formée d'une ou deux parties appelées valves, recouvrant le corps de la plupart des mollusques.
Ecailles : plaques plus ou moins rigides et plus ou moins grandes protégeant la peau de nombreux poissons et de nombreux reptiles; les écailles n'assurent une protection contre les prédateurs que lorsqu'elles sont épaisses, comme chez les crocodiles ou chez les tatous et les pangolins.
Fourrure : ensemble des poils recouvrant le corps de la plupart des mammifères; la fourrure protège des changements de température, elle est généralement plus épaisse l'hiver.
Plumage : ensemble des plumes recouvrant le corps des oiseaux; l'oiseau peut hérisser son plumage quand il a froid, il gonfle ainsi le matelas protecteur que sont ses plumes. Les plumes légèrement grasses de certains oiseaux, comme le canard, sont imperméables à l'eau.
Pupe : nymphe de mouche, entourée d'une protection rigide (on appelle nymphe l'insecte en cours de métamorphose, lorsque la larve se transforme en insecte adulte).
Les abris des animaux vivant à l'état sauvage (retour sommaire)
Aire : nid de certains rapaces comme l'aigle.
Antre : cavité naturelle servant d'abri à des bêtes sauvages; on utilisait aussi les mots tanière ou repaire pour souligner le caractère dangereux de ces animaux; on devrait plutôt dire grotte ou caverne.
Bauge : abri du sanglier.
Garenne : terrier des lapins sauvages; la femelle élève ses petits dans un autre terrier, la rabouillère.
Gîte : lieu extérieur où se reposent des animaux sauvages; on emploie surtout ce mot pour le lièvre.
Liteau: lieu où se repose le loup dans la journée.
Reposée: lieu où se reposent les cerfs et les chevreuils, on dit aussi chambre, demeure ou breuil (taillis), fort (buisson).
Jeu-questionnaire (retour sommaire)
Pour vérifier que l'on a bien compris, noter le numéro de la question et les lettres des bonnes réponses. Exemple:29acd.
Les bonnes réponses sont données à la fin
Quels animaux n'ont pas de véritable abri?
O 1 -Dans l'eau, qui n'a pas d'autre protection que les algues, les herbes aquatiques
a) Le hareng?
b) Le chat?
c) La sole?
d) La grenouille?
O 2 -Lesquels s'enfouissent dans le sable ou la vase?
a) La palourde?
b) Le couteau, appelé aussi solen?
c) Le thon?
d) Le crabe?
O 3 -Lesquels se contentent de se cacher parmi les taillis de la forêt ou les hautes herbes?
a) La taupe?
b) Le cerf?
c) Le ver de terre?
d) Le sanglier?
Des animaux ont besoin d'un abri temporaire:
O 4 -Lesquels pour dormir tout l'hiver?
a) La marmotte?
b) L'ours brun?
c) Le corbeau?
d) La chauve-souris?
O 5 -Lesquels pour couver leurs oeufs?
a) La vache?
b) L'hirondelle?
c) Le chien?
d) La mésange?
D'autres vivent en toute saison dans un abri:
o 6 -Lesquels vivent par centaines ou milliers?
a) les fourmis?
b) Les loups?
c) Les ours?
d) Les abeilles?
O 7- Lesquels vivent en famille ou par petits groupes?
a) Les vers de terre?
b) Les lapins de garenne?
c) Les renards?
d) Les papillons?
O 8- Lesquels parce qu'on les enferme?
a) Les chevaux?
b) Les poules?
c) Les chauves-souris?
d) Les moutons?
Des animaux possèdent une protection naturelle de leur corps:
o 9- Lesquels possèdent une fourrure ou un plumage?
a) La grenouille?
b) Le pigeon?
c) Le lézard?
d) Le lièvre?
O 10- Lesquels doivent changer plusieurs fois de protection pour grandir?
a) La langouste?
b) Le pigeon?
c) La couleuvre?
d) Le chien?
O 11- Lesquels agrandissent cette protection en même temps que leur corps?
a) La moule?
b) La tortue?
c) Le homard?
d) L'huitre?
O 12- Lesquels ont besoin d'une protection temporaire pendant leur métamorphose?
a) La chenille?
b) La souris?
c) L'asticot?
d) L'escargot?
Des animaux utilisent des abris naturels:
o 13- Lesquels dans des grottes?
a) Le cerf?
b) L'ours?
c) La chauve-souris?
d) L'éléphant?
O 14- Lesquels aiment les arbres creux?
a) Le pic-vert?
b) Le cheval?
c) L'écureuil?
d) Le termite?
D'autres bâtissent eux-mêmes leur abri:
o 15- Lesquels le creusent dans le sol?
a) La chèvre?
b) La taupe?
c) Le lapin de garenne?
d) Le renard?
O 16- Lesquels utilisent des matériaux naturels?
a) La mésange?
b) Le castor?
c) L'hirondelle?
d) Le porc?
O 17- Lesquels transforment les matières qu'ils récoltent?
a) La guêpe?
b) Le canard?
c) L'abeille?
d) Le renard?
O 18- Lesquels ont le sens de la décoration,
a) La girafe?
b) L'oiseau jardinier?
c) La fauvette couturière?
d) L'oiseau satin?
Certains utilisent ce que d'autres ont fait:
o 19- Une coquille vide pour s'y abriter?
- a) l'autruche?
b) le coucou?
c) Le bernard l'ermite
d) Le crapaud?
O 20- Le nid d'une autre espèce d'oiseau pour y pondre?
a) le chameau?
b) Le coucou?
c) La grenouille?
d) L'hirondelle?
O 21- Une seule espèce utilise des abris très divers:
grotte, hutte de branches, igloo de neige, tente de peau ou de toile, case de terre, maison de pierre, de bois, de brique ou de béton. Laquelle?
o 22- Une seule espèce est obligée d'apprendre comment construire son abri. Laquelle?
Réponses exactes:
1: a,c,d – 2: a,b,d – 3: b,d – 4: a,b,d – 5: b,d – 6: a,d – 7: b,c – 8: a,b,d – 9:b,d – 10: a,c – 11: a,b,d – 12: a,c – 13: b,c – 14: a,c,d – 15: b,c,d – 16: a,b,c – 17: a,c – 18: b,c,d – 19: c – 20: b.
21: On n'en parle pas dans ce document, c'est l'homme – 22: C'est aussi l'homme. Les animaux savent d'instinct, sans avoir appris, comment ils doivent faire.